Patrice LOKO – septembre 1999

PATRICE LOKO

Priorité absolue de Jean-Louis Gasset, l'entraîneur du Montpellier H.S.C. en cet été 1999, Patrice a retrouvé, dans l'Hérault, ses comparses des années nantaises Raynald Pedros et Nicolas Ouédec. Nous le retrouvons lors du stage de récupération durant la pause internationale, pour faire le point sur ses six mois en Bretagne et son transfert dans le Sud de la France. Entretien réalisé avec la participation amicale de Danouchka Strozniak, alors webmaster du site internet du M.H.S.C. et en présence de Jean-Louis Gasset.

LA GRANDE MOTTE - 1er SEPTEMBRE 1999

Transfert à Montpellier

Peux-tu nous nous parler des conditions de ta venue à Montpellier ?
J’ai fait une bonne demi-saison avec Lorient avec neuf buts inscrits, ce qui n’a malheureusement pas été suffisant pour nous maintenir. Mon prêt se terminait, j’arrivais également en fin de contrat avec Paris. J’étais donc libre de signer sans indemnités de transfert, donc je n’avais aucune pression. Je savais que je n’aurai pas de soucis pour trouver une bonne équipe et je souhaitais prendre tout le temps nécessaire à la réflexion. Plusieurs clubs étrangers se sont manifestés, de mémoire : Stuttgart en Allemagne, Sheffield Wednesday en Angleterre, Vitesse Arnhem et Twente en Hollande, Cagliari en Italie… J’ai eu plusieurs contacts en France, mais je voulais initialement privilégier une expérience étrangère.

 

Mais lors de mon dernier mois dans le Morbihan, mon fils est tombé malade, avec beaucoup de fièvre, nous sommes allé aux urgences et nous sommes resté la nuit à l’hôpital. Nous avons évidemment eu très peur, et nous avons imaginé la même situation dans un pays avec un système de soins moins au point, avec en plus la barrière de la langue pour nous faire comprendre. Nous avons donc décidé de couper court à toutes les offres étrangères, et d’attendre que les enfants grandissent pour envisager un départ hors de nos frontières.

 

Restaient donc les clubs Français…
J’ai eu pas mal de touches au départ, et avec le temps ne sont restés que Bastia et Montpellier. Les deux projets me tentaient, les objectifs étaient à peu près similaires. Les deux entraîneurs me voulaient absolument dans leur groupe. Ce qui a évidemment fait pencher la balance c’est la présence de Nico Ouédec et Raynald Pedros : j’ai choisi Montpellier.

 

Avec Reynald Pedros et Nicolas Ouédec à Montpellier, été 1999 (Photo : D.R.)L’intention de reformer votre trio était-elle manifeste chez les dirigeants montpellierains ?
Absolument. Raynald avait déjà signé ; Nico était arrivé depuis six mois… Me retrouver dans un club avec deux joueurs que je connaissais parfaitement et avec lesquels j’avais des automatismes – surtout  ces deux-là – était un argument de poids. Je savais que ça faciliterait mon intégration dans l’effectif. Par ailleurs, Montpellier est un club un peu plus médiatique que Bastia, les infrastructures sont de qualité, alors je n’ai pas réfléchi très longtemps.

 

La dernière fois que nous nous sommes vu, tu disais ne pas être contre un retour à Paris…
C’était le cas. J’ai toujours été bien à Paris et j’étais déçu d’être parti dans ces conditions, alors y retourner ne m’aurait pas déplu. Ils ont d’ailleurs appelé une fois au cours de la saison pour se renseigner, mais n’ont pas donné suite.

 

Est-ce que des clubs jouant le haut du tableau t’ont contacté ?
Trois clubs plus importants que le M.H.S.C. ont pris contact, mais j’ai su après ma signature ici que certaines personnes m’ont dénigré auprès des dirigeants concernés, lesquels ont eu des doutes à mon sujet et n’ont pas donné suite.

 

Tu ne veux pas dire lesquels ?
Non, ça ne sert à rien et ça n’a pas d’importance. Bastia et Montpellier ont pris les bonnes informations auprès des bonnes personnes, et c’est bien là l’essentiel.
Je sais bien que les problèmes – réels – auxquels j’ai dû faire face en 1995 et 1997 ont brouillé mon image. Je n’y peux plus rien, mais j’ai heureusement été bien soigné et je vais désormais très bien depuis un an et demi. Les gens qui me connaissent le savent parfaitement. Des personnes que je n’ai pas vues depuis longtemps ont cru bon jouer les oiseaux de mauvaise augure – j’en ai parlé dans une interview et ils se reconnaîtront – tant pis pour moi mais surtout pour elles.
On paye toujours, un jour ou l’autre, pour ce que l’on a fait. Quant aux clubs qui ont accordé du crédit à des ragots, ils verront bien à quel point ils ont été abusés.

 

Le MHSC 1999/2000Tu dis toujours qu’il n’y a pas de duo Loko/Ouédec, mais un trio auquel il faut ajouter Raynald Pedros.
La dernière fois, nous avons effectivement parlé de l’importance de notre relation à tous les trois, et pas exclusivement de l’association avec Nico. Je ne change pas un mot de ce que j’ai dit.
Je pense que notre « trio », appelons le comme ça, sera bénéfique pour nous et surtout pour l’équipe. Vu l’efficacité qu’elle avait à Nantes, je peux comprendre que les gens se prennent à rêver du résultat que cela peut donner.

 

(Question à Danouchka, du web MHSC) Le ressens-tu au niveau du site Internet, du courrier, et dans l’entourage du club ?
(Danouchka STROZNIAK) : Très clairement. Il y a déjà eu de grands joueurs à Montpellier, Bakayoko, Gravelaine, avant ça Blanc ou Cantona, mais ce n’étaient pas encore des stars au faît de leur gloire. Depuis l’arrivée de Patrice, international venant du PSG, ayant marqué les esprits lors de l’année du titre nantais, on sent un véritable engouement des supporters. Il y a une sorte de « Lokomania ». Nous recevons un important courrier très bienveillant, il y a même des poèmes. Sans jeu de mot, Patrice est devenu malgré lui la locomotive médiatique et sportive du club… Pendant la coupe Intertoto (remportée par le M.H.S.C. – NDLR), les journalistes allemands appelaient pour demander des infos sur le club, sur les grands joueurs… Auparavant, on avait un peu de mal à en sortir un du lot, mais quand on leur dit aujourd’hui « Patrice Loko », ils situent immédiatement. On voit bien à leurs réactions qu’ils sont pleins de respect pour lui. Alors, quand on « embraye » sur le trio nantais reconstitué, c’est une information qui accroche immédiatement.

 

À chaud, quels premiers enseignements tires-tu de tes deux premiers mois dans l’Hérault ?
Nous avons un bon groupe, homogène, avec des joueurs d’expériences et des jeunes de qualités, et nous pratiquons un bon football. Les résultats sont mitigés, c’est vrai. En championnat, avant dernier du classement avec quatre points ce n’est pas très glorieux… Mais on savait que le début de saison serait compliqué parce qu’on avait plusieurs favoris sur notre route, si on excepte Strasbourg. Et puis nous payons notre débauche d’énergie précoce en Coupe Intertoto, qui nous a qualifié pour la coupe d’Europe. Et c’est un vrai bonheur pour moi d’être à nouveau européen.

 

La Corogne / Montpellier - 1999Tu parles de la coupe Intertoto. À cause d’elle, l’équipe a fait une douzaine de match en un mois, soit beaucoup plus que la plupart des autres équipes françaises. Votre préparation physique, précoce, a été tronquée… N’as-tu pas peur d’une fatigue morale et physique prématurée ?
On est toujours parti fort dans nos matchs de championnat mais nos fins de rencontres ont toujours été délicates à gérer, effectivement à cause des raisons que tu soulèves, et nous avons perdu des points pour ces raisons-là.
Mais la trêve internationale nous offre dix jours de récupération qui vont nous être profitables.

 

Un petit aparté sur les médias. Depuis ta signature à Montpellier, les commentaires sont plutôt bienveillants, même si on n’échappe pas aux poncifs habituels à ton sujet. Tout le monde insiste sur la reformation du trio magique nantais… De quel œil vois-tu ça ?
Si ça marche, tout le monde dira « Bravo Nicollin, quelle idée de génie ! ». En revanche, s’il y a le moindre problème, je vois d’ici les commentaires sur les anciens Nantais…

Je sais bien comment fonctionne la presse en général, j’ai payé pour l’apprendre. Si dans un mois, il faut dire l’exact contraire de ce qui se dit aujourd’hui, ils le feront, parce que c’est comme ça que ça fonctionne.
D’une manière générale, je fais très attention à ce que je déclare aux journalistes, afin d’éviter que les propos rapportés ne disent pas l’inverse de ce que j’ai raconté. Même en étant vigilant, il m’arrive de me faire avoir.

 

Depuis hier (31/08), Decroix et Gourvennec, deux anciens joueurs nantais, vous ont rejoint…
On avait besoin d’eux. Dès le départ on savait que Raynald serait absent un bout de temps à cause de sa blessure… Depuis il y a eu celle de Nenad Djodic, notre défenseur central indisponible au moins un mois. Deux joueurs majeurs de l’effectif en moins représentait un handicap important, la venue d’Éric (Decroix) et Jocelyn (Gourvennec) était donc salutaire.

 

As-tu un commentaire sur les conditions rocambolesques de leur arrivée ? (1)
Je ne connais pas les histoires de chacun. Comme tout le monde, je suis surpris par ce qui s’est passé… Surtout en ce qui concerne Eric, qui venait d’arriver, et qu’on n’a pas pu juger en trois matchs, dans lesquels je ne crois pas qu’il ait été mauvais…
Si leur entraineur ne veut plus d’eux, autant qu’ils partent, et tant mieux pour nous !

 

La dernière fois, alors que tu venais de quitter Paris et que nous avions évoquée la concurrence faussée dans le club, tu avais déclaré ne pas être contre le fait d’aller à Marseille, où Courbis pratique un turn-over important des titulaires.
Marseille est un des plus grands clubs français avec Paris, Monaco, auxquels il faut sans doute ajouter Lyon, désormais.
Beaucoup de joueurs aimeraient y jouer, j’irais moi-même sans état d’âme si on me désirait, à partir du moment où j’ai la certitude de ne pas être remplaçant en permanence. Sans doute doit-on davantage faire ses preuves auprès des supporters lorsqu’on vient de Paris (sourire). Mais Patrick Colleter pour ne citer que lui, n’a pas l’air de s’en être trop mal sorti. En ce qui me concerne, ça serait sans doute encore plus délicat. Comme tout le monde le sait, en plus d’avoir joué avec le maillot parisien, j’ai toujours porté ce club dans mon cœur depuis l’enfance.
Mais je suis un joueur de football professionnel, je suis aussi un compétiteur, je vise les objectifs les plus élevés possible, si un gros club comme Marseille, un jour, souhaite me recruter, j’irai à Marseille sans état d’âme.

 

Ma question est un peu plus vicieuse que cela. On citait le management de Courbis en exemple la saison passée. Or, il semble se passer des évènements assez curieux aujourd’hui…(2)
L’entraîneur gère son effectif à sa guise, en fonction des objectifs et des moyens qu’on lui assigne. Tant que le marché des transferts est ouvert, on peut opérer des transferts, et ça donne lieu à des situations parfois aberrantes. Ce qui se passe à Marseille est effectivement assez singulier, mais c’est comme ça.

 

NOTES

(1) Eric Decroix est arrivé à Marseille en provenance du F.C. Nantes à l’intersaison. Jocelyn Gourvennec avait effectué la saison 1998/1999 sous le maillot phocéen. Tous deux ont appris leur mise à l’écart par l’entraîneur marseillais Rolland Courbis, en voyant leurs noms sur un tableau installé dans le vestiaire. Leur transfert à Montpellier s’est réalisé dans les derniers instants du mercato estival, le 31 août 1999.

(2) À l’intersaison 1999/2000, le club marseillais enregistre quatorze arrivées (plus cinq l’hiver d’après). Outre Eric Decroix, transféré après deux mois et trois matchs officiels, l’argentin Berrizzo reste à peine une demi-saison. L’autre argentin Daniel Montenegro, recruté pour six millions d’euros, ne joue que six matchs avec les phocéens. Des années après, plusieurs responsables marseillais de l’époque, dont le président Robert Louis-Dreyfus et surtout Rolland Courbis seront condamnés, le dernier effectuant une peine de prison. Il s’agit de la deuxième affaire dites des « comptes de l’OM« .

Bilan de la saison passée et problèmes personnels

Quel bilan tires-tu de ton passage à Lorient ? Suite à la descente du club en D2, on a pu lire ici où là, qu’une des raisons de cet échec était la présence de « mercenaires » peu concernés par le destin du club breton. T’es-tu senti concerné ?
Je ne me sens pas du tout concerné par ça. On est venu me chercher à Paris pour apporter un plus à une équipe relégable à l’époque. Je cherchais de mon côté à me relancer dans une équipe pratiquant le meilleur football possible pour exploiter au mieux mes qualités, marquer, faire marquer. De ce point de vue, Lorient était une destination rêvée.

Chacun a bien vu l’investissement qui était le mien sur le terrain à chaque rencontre. J’ai donné tout ce que j’avais. Évidemment, si j’avais inscrit un but supplémentaire, tout aurait pu être différent. Mais on aurait aussi pu en encaisser moins… On ne peut pas refaire l’histoire.
Cette relégation a été difficile à accepter, d’abord parce que ce n’est pas un événement agréable à vivre, mais aussi et surtout parce que j’ai beaucoup aimé mon passage dans ce club. Tout le monde tirait dans le même sens, des supporters au président. L’entraîneur Christian Gourguff est un excellent coach, il nous faisait pratiquer un jeu offensif, agréable à jouer et à regarder, ce que tous nos adversaires reconnaissent. On méritait vraiment, et sans doute plus que d’autres, de rester en première division.

 

Ton opinion sur le parcours du PSG l’an passé ?
Changer d’entraîneur en cours de saison est rarement une bonne solution. Alors lorsque ça arrive deux fois… Il y a eu trop de pression dans le club la saison dernière. Mais j’ai vécu ça de loin, j’étais parti et concentré sur le destin de Lorient.

Cette année, ils sont partis sur des bases plus saines, les gens ont pris du recul. Je suis content pour les gens qui suivent le club.

 

Tu as passé un peu plus de quatre ans au PSG, ponctués par des problèmes que tu as toujours surmontés. Lorsque Ricardo te fait cirer le banc pendant des mois, tu ne t’es jamais plaint, et ton entrée en jeu change le destin d’une finale mal engagée. Artur Jorge te pousse à quitter le club, et quand tu recroises sa route un mois plus tard, tu mets deux buts à son équipe sans geste vengeur ni sans déclaration tapageuse dans la presse. Au mercato hivernal, le même Artur Jorge réclame des joueurs « forts dans leur tête » et voit arriver Gravelaine, Rodriguez et Madar. Comment vois-tu ce paradoxe ?
J’ai quitté le PSG parce que l’entraîneur ne me faisait pas confiance, même chose pour Nicolas Ouédec. Artur Jorge avait donc besoin de recruter au moins deux attaquants. Il a pris ceux que tu viens de citer. C’est son choix.

J’ai déjà dit la dernière fois ce que je pensais de l’expression « fort dans sa tête », et comme tu viens de le rappeler, j’ai effectivement connu de sales périodes. Avec l’aide de ma femme, ma famille et mes amis, je m’en suis toujours sorti par le haut. Quelle meilleure preuve de ma solidité mentale et de mes qualités morales puis-je donner ? Si des gens en doutent encore, tant pis, moi je sais où j’en suis.

 

Tu réfutes donc les commentaires « joueur fragile », « super footballeur ne supportant pas la concurrence » ?
Je dois avouer que ce ne sont pas des choses que j’ai lues ou entendues mais il est vrai que je ne fais pas attention à ce genre de balivernes.

La pression est importante dès les premiers pas d’un jeune footballeur, elle est l’essence même de la compétition. Croit-on qu’on sorte d’un centre de formation pour devenir professionnel, qu’on devient titulaire en D1 puis international sans savoir supporter la concurrence et la pression ?  Si ce qu’on raconte était vrai, je n’aurais pas eu le parcours que j’ai eu jusque-là.
Les gens mettent ce qui m’est arrivé sur le compte du football et veulent l’expliquer par des formules lapidaires. Or, en 1995, ce que j’ai vécu était un problème PERSONNEL.

 

Tu as connu une rechute à l’été 1997, après un tournoi de France au cours duquel tu n’as pratiquement pas joué, et le recrutement de deux attaquants vedettes. C’est pourquoi les gens font l’amalgame.
Nous avions parlé du tournoi de France en début d’année, j’étais effectivement déçu de ne pas jouer mais ça n’a eu aucune conséquence.

Concernant la situation à Paris cette année-là, le staff technique parisien m’avait confirmé à l’intersaison qu’il comptait sur moi, comme titulaire. Juste après, Florian Maurice puis Marco Simone débarquent. J’ai bien compris que je ne serai pas titulaire, et que je servirai uniquement à pallier une blessure de l’un ou de l’autre. J’avais vingt-sept ans, j’étais international, avec la Coupe du Monde l’année d’après, cette situation ne pouvait pas me convenir. J’ai donc logiquement demandé à partir et des clubs se sont manifestés.
Or, dans l’intervalle, le traitement que je suivais depuis plus d’un an a perdu de l’efficacité sur la durée et j’ai fait une rechute. J’ai ensuite recommencé un nouveau protocole ; trouver le bon dosage s’étant avéré compliqué, j’ai perdu beaucoup de temps, faisant capoter un éventuel transfert.
Je suis donc resté au club par la force des choses, je suis revenu dans le groupe à l’automne et je n’ai pas joué davantage.
Ça n’a rien à voir avec le football, ou avec le fait que je ne supporte pas la concurrence.

 

Pourquoi n’en as-tu jamais parlé auparavant ?
D’abord parce qu’on ne me l’a pas demandé. Ensuite, parce que lorsqu’on sort d’une période difficile, on cherche à regarder devant pour avancer. J’avais envie de jouer et de parler ballon rond, ma famille et mes problèmes personnels ne regardant que moi. Aujourd’hui, tout est réglé et je n’ai pas de difficulté à en parler.

 

Peut-être que faire connaître ta vérité t’aurait évité les inconvénients dont tu parlais au début de l’entretient quant à ton transfert ?
Peu importe. Si ces transferts ne se sont pas fait, c’est que ça ne devait pas se faire.

 

Finale de la Coupe de la Ligue 1998(Danouchka Strozniak) Même si le club est moins côté, ne trouves-tu pas gratifiant et positif d’être le joueur phare de l’équipe ?
Évidemment que l’accueil que je reçois ici me fait plaisir. Mais lorsque j’ai commencé ma carrière à Nantes, j’ai toujours eu dans l’idée de suivre une progression logique et d’aller dans les meilleurs clubs possibles. C’est normal, tous les joueurs de foot ont envie de gravir des échelons et de voir jusqu’où ils peuvent aller. Le fait de partir du PSG pour aller à Lorient a pu être interprété comme une régression. Mais je suis allé là-bas pour rejouer, me relancer. Parce que je ne jouais plus d’une part, mais aussi parce que je n’avais pas quitté Paris à la fin de la saison précédente.


Avec le recul, et puisque ça n’avait pas été possible en 1997, je sais que j’aurais dû le faire avant la saison 98/99. Malgré mes soucis du début de saison, j’étais bien revenu. La finale de la Coupe de la Ligue, notamment, avait montré le niveau auquel j’évoluais. Je ne suis pas dupe : j’aurais été vendu sous ma valeur réelle, peut-être que le club ne s’y serait pas retrouvé et aurait mis son véto. Mais si j’étais parti à l’époque, ça aurait été dans un club plus conforme à mes ambitions, et sans doute à l’étranger.


Quoiqu’il en soit, on m’a demandé de rester, Bietry a recruté mon copain Nicolas Ouédec. La suite, on la connaît puisqu’on l’a évoquée longuement lors de notre premier entretien.
Je ne suis pas amer par rapport à ça. En revanche, je trouve vraiment dommage d’être sorti du groupe France pour ces raisons-là et pas sur mon niveau de jeu. De ce point de vue, je sais que je n’étais pas très loin…

 

Tu penses encore à l’équipe de France ?
J’y pense comme tout attaquant français. J’ai vingt-six sélections, j’aimerais en ajouter quelques-unes… On appelle les meilleurs, lorsqu’on estime qu’ils peuvent apporter quelque chose à la sélection. Si je suis bon et performant avec Montpellier, pourquoi devrais-je renoncer à y penser