CHRISTIAN GOURCUFF

La carrière de Christian Gourcuff est étroitement liée au Football Club de Lorient, qu'il a amené par trois fois en première division, et qu'il a entraîné sur trois périodes différentes. D'abord de 1982 à 1986 comme entraîneur-joueur, puis de 1991 à 2001, et enfin de 2003 à juin 2014. Il a également été sélectionneur de l'Algérie jusqu'en 2016, entraîneur d'Al-Gharafa SC et du Stade Rennais par deux fois, avant de conclure sa carrière de technicien au F.C. Nantes de 2019 à 2020. Cet amoureux du jeu offensif tout en mouvement ne pouvait que se réjouir de l'arrivée, à la fin de l'année 1998 et pour une demie-saison, d'un joueur du profil et du calibre de Patrice Loko.

ENTRAÎNEUR EMBLÉMATIQUE DU F.C. LORIENT

Entretien réalisé en décembre 1998

Pat, peu après son arrivée dans le Morbihan

Quand avez-vous remarqué Patrice Loko ?
Comme beaucoup, lors de la saison du titre de champion de France du F.C. Nantes en 1994/1995.

 

Comment définiriez-vous son style de jeu ?
Patrice Loko est un joueur d’espace, dont la principale force réside dans ses déplacements, tant sur leur qualité (sa tonicité, la pertinence de ses courses et de ses appels et son sens de l’anticipation) que sur leur quantité (son volume de jeu autant que son volume de course).

 

Que recherchiez-vous en le recrutant ?
Ce type de joueur correspond complètement au jeu de notre équipe, mais nous faisait défaut. Sa situation au Paris Saint-Germain constituait une excellente opportunité pour nous.

 

Comment est-ce que vous jugez sa carrière dans sa globalité ? Pensez-vous qu’il ait toujours été placé dans les meilleures dispositions tactiques ?
Difficile de répondre, car du fait de ses caractéristiques, son rendement est d’autant plus tributaire du collectif. On ne peut donc pas analyser l’un sans l’autre.

 

Le PSG a recruté son ancien complice Nantais, Nicolas Ouédec. N’estimez-vous pas dommage qu’ils n’aient pratiquement jamais été alignés ensemble, épaulant Simone à tour de rôle ?
Pour être tout à fait franc, je pense que Marco Simone était un complément idéal à Patrice Loko… et réciproquement !

 

Patrice a été sacré meilleur buteur du championnat en 1995… Était-ce un accident selon vous, ou est-ce que vous considérez qu’il est aussi un chasseur de buts ?
Je ne pense pas que ce soit à proprement parlé un chasseur de but. Le contexte collectif nantais était, cette saison-là, tout à fait exceptionnel, car une excellente génération était arrivée à maturité. Tout réussissait à cette équipe en général, et à Patrice Loko en particulier.

 

Lorient, hiver 1999/2000

Lorient, hiver 1999/2000

Ne craignez-vous pas que la venue d’un tel joueur, avec le statut d’international, puisse créer un jour ou l’autre un déséquilibre dans votre vestiaire ?
Oui, c’est possible, mais ça dépend de son rendement, de son comportement et de celui de ses partenaires. Et c’est loin d’être le cas actuellement.

 

Si Lorient se maintient en D1, pensez-vous, et souhaitez-vous, que Patrice Loko soit encore parmi les « merlus » la saison prochaine ?
C’est difficile à dire, mais ce serait étonnant compte tenus des moyens du club.

 

Comment jugez-vous son intégration et son apport dans votre groupe depuis son transfert ? Manque-t-il encore de compétition, d’automatismes ?
Je suis très satisfait de son comportement et de son implication. Il s’est rapidement intégré à notre façon de jouer et semble très apprécié de ses coéquipiers. Il lui faut encore parfaire sa condition physique et surtout trouver le rythme des matchs.

 

Quel est la première image que vous retenez de Patrice ?
Sans hésiter : son premier entrainement à Lorient : le stade était bien garni, l’engouement de la part des spectateurs, de ses partenaires… et de lui-même était extraordinaire !